Le 20 juillet on quittait Osh direction la Chine.
Si d un cote on etait tres exites a l idee de decouvrir la Chine, de l autre c etait plein de nostalgie que l on s appretait a quitter le Khirghistan. En relisant les recits, on se dit que l on ne vous a pas assez raconte les nombreuses rencontres faites dans ses pays russophones, l' etonnant melange de nationalites (russes, ouzbekes, khirghises, polonais, coreens...) vivant tous ensemble (avec ou sans tension), la folie du sovietisme et tout ce qu ils ont laisses derriere eux, les coutumes, les cultures et les gens auxquels on s etait attaches.
A Osh, ville Ouzbeke en Khirghizie, on a voulu profiter de tout cela encore une derniere fois: on a mange une vingtaine de Chachliks (brochette de moutons), on a traine sur l enorme marché, fait le plein d'epices,... Et, il faut tout de meme vous dire que l' on y a aussi rencontre 7 belges en moins d une heure. Et donc qu' autour des specialites culinaires de Osh et avec nos trentes phrases de russe, c est aussi met plezier que l on a reparle flamand ou qu'on evoque Bruxelles et ses bon plans.
Enfin, sous un soleil de plomb, on reprend la route tot le matin.Une semaine physiquement eprouvante nous attend.
En fin d'apres midi, la route se degrade petit a petit mais les paysages deviennent magnifiques. Ce sont des couleurs que l on ne connait pas: la terre est rouge, les rivieres brunes! Emerveilles on continue a pedaler jusqu' en debut de soiree. Quand on arrive a la petite ville de Gulscho la nuit tombe. On trouve un hotel pourri. Le petit garcon qui semble gerer l etablissement nous deconseille de sortir pour manger car ils se battent dans les cafes nous explique-il! On dinera donc enfermes dans notre chambre avant de s endormir tout habilles sur des planches de bois recouvert de draps sales... Le lendemain comme il y a pas d eau dans l hotel, que l on a pas touche a nos velos et qu on est deja tout habille, c est pas difficile de redemarrer meme si il pleuvine dehors! Mais les heures passent, la pluie ne s arrete pas, s amplifie meme... Cela devient insupportable! On s arrete dans un petit resto qui nous propose une chambre dans l'arriere cour (un peu dans le meme genre que celle de la nuit derniere sauf que l on peut rajouter au sol des crottes de poules).
Le soir, il y a un mariage dans la cantine. Le frere du marié nous y invite ou plutot nous y pousse malgre la gerante de la cantine qui, elle, nous conseille de rester dans notre chambre! Emportés vers le mariage, nous voila tous les deux obliges de faire un discours devant toute la famille et la camera! A nouveau, la gerante nous conseille de partir de la au plus vite. On ne comprend pas tout de suite mais cette derniere avait raison! Un quart d heure apres, quelques hommes emeches de la famille, y compris le frere du marie, veulent se battre. Ils viennent provoquer Oli. On s enfuit par derriere et les serveuses font barrieres! Et, pour la deuxieme fois, nous revoila enfermes dans notre chambre pour le diner...
Le lendemain, il pleut toujours...Mais on reprend la route! On nous a parle d'un terrible col et c'est aujourd hui que l'on doit normalement le franchir. Pfff...quelle journee de m...qui nous attend! Personnellement, je n etais pas vraiment sure d y arriver et quand un gros camion s est arrete et m a propose de me lifter la haut: j ai pas hesite! Par contre, Ol, lui, fierte masculine oblige (j ai toujours pas compris ce trip la, moi!!!) refuse net de monter dans l'engin. On se retrouve en fin de journee.Olivier est epuise. La route du col etait terrible: une piste pleine de cailloux. Il etait oblige de s arreter tous les 200 m pour reprendre son souffle mais pas trop longtemps car il faisait tres froid. Et tout cela dans un epais brouillard.
Enfin, moi, j'ecoute son histoire, le ventre bien rempli (les camionneurs m'ont offert mon repas!) bien au chaud dans une petite cantine.
Le lendemain, c est fini l asphalte: il n y a plus qu une piste plus que pourrie. C est difficile d'avancer surtout que l'on sent l'altitude (mal de tete et de ventre). Puis de nouveau il pleut et cette fois ci il y a pas moyen de s'abriter...rrrrrrrrrrrrrr, on mord sur notre chique! Mais, dans la journee, on croisera la famille d'Alexandre ( le francais avec qui on a fait quelques klms en Ouzbekistan). Depuis leur voiture, ils nous encouragent, nous offrent des sucreries. Et, lors des eclaircies, on apercoit les Pamirs et des paysages comme dans des cartes postales. Tout cela nous redonne la peche pour continuer!
On ne s'est pas vraiment arretes sur la journee, et c est encore sous une terrible derniere pluie que l'on arrive epuises et trempes a Erkechtam, poste frontiere Khirghize.
Le lendemain on passe la frontiere sans trop de probleme...Et nous voila en Chine! L'asphalte est magnifique, le ciel est bleu, les paysages sont arides, sauvages, on ne croise que des chameaux!
Trois jours magnifiques pour descendre vers Khasgar, carrefour de la route de la soie et encore aujourd hui des voyageurs allant vers le Pakistan, le Tibet, l'Asie Centrale ou Pekin! Enfin en une journee on a deja croise six cyclos.Quatre venant du Pakistan. Cependant vu l'actualite au Pakistan, nous reconsiderons fortement notre itineraire. On vous tiendra au courant.
On pense bien a vous,
Margoli
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